je m’appelle alice – diptyque théâtre – résidence du 2 au 8 décembre 2019

note d’intention
« La première chose que j’ai à faire, se dit Alice en errant à travers la forêt c’est de reprendre ma taille normale; la seconde c’est de trouver le chemin qui mène à cet adorable jardin. Je pense qu’il y a lieu de s’en tenir à ce plan »
Lewis Carroll, Alice aux pays des merveilles
Le 4 juillet 1862, « au coeur d’un été tout en or », Charles Dodgson alias Lewis Carroll, invente pour Alice Liddell la trame de ce qui allait devenir un chef d’oeuvre de la littérature enfantine. Il y raconte les aventures d’Alice où rien n’est à l’endroit et tout change sans arrêt. Il y raconte les aventures de son Alice, de sa voix à lui.
Alice n’est pas seulement la petite fille à qui il dédie son livre, elle est aussi son amie comme beaucoup d’autres petites filles l’ont été et le seront par la suite. À ces petites filles, il adresse des lettres qui seront publiées sous le nom de Lettre à ses amies-enfants. Malheureusement nous n’avons pas accès aux réponses de ces petites filles avec qui il organisait des dinettes et des séances photo costumées.
Je m’appelle Alice ou la parole des petites filles est un spectacle qui donne la parole aux petites filles. À Alice de Lewis et ses folles aventures, à Alice Liddell invitée à des thés incroyables par Charles Dodgson, aux petites filles que nous avons été, à celles avec qui nous allons partager cette page de rêve. À des Alice qui disent où elles en sont de ces projections d’adultes sur leur enfance, et qui parlent de leur rapport à elles, au rêve, à la parole des adultes, au désir, et à la solitude.
Car souvent elles sont seules ces petites filles. Seules parce que l’enfance. Seules parce que les adultes veulent faire croire des choses. Seules parce que les adultes veulent qu’elles soient « la petite fille comme-ci » ou « la petite fille comme ça ». Seules parce qu’on ne leur a pas donné la parole. Et, depuis leur solitude, elles inventent de nombreuses histoires dont les adultes ne sont pas toujours les héros.
Alors, si les Alice se mettaient à parler ? Qui d’entre nous serait transformé en dodo ? En chat ? En lapin ? En Reine coupeuse de tête ? Ou en tout autre chose ?
Et si les Alice se mettaient à parler, d’où parleraient-elles ? D’un jardin ! Oui, nous pensons avec nos coeurs d’anciennes petites filles que le jardin dans lequel Alice s’endort, qu’elle ne cesse de chercher pendant son périple – alors qu’elle y est déjà ! – est un beau lieu pour déployer la richesse de
la solitude de l’enfance. Dans un jardin on enterre et on déterre, on respire les fleurs, on en arrache les pétales, parfois on les mange, beaucoup de rêves sont possibles, et beaucoup se racontent.

l’équipe
Céline Clergé /comédienne, autrice et metteuse en scène
Mona El Yafi / comédienne, autrice et codirectrice artistique de Diptyque Théâtre
Servane Marty / Paysagiste et scénographe
Aurélie Collignon /vidéaste, créatrice d’objets et de marionnettes
Najib El Yafi / Sound designer et compositeur

Ce projet est soutenu par La Manekine – scène intermédiaire des Hauts-de-France