ciel rouge matin – cie blasted – résidence du 2 au 8 novembre 2020

Tom Holloway, natif de l’île est fasciné par ce contraste et en joue. Entre rêve et réalité, comédie et tragédie, réalisme et symbolisme, le spectateur est emporté, bousculé entre routine et fantasmes inavoués, les espoirs, les déceptions et les déchirements de chacun.

24 heures dans la vie d’une famille moyenne de l’arrière-pays australien ou le silence et l’isolement familial
C’est avant tout le silence et l’espace entre les personnages qui frappent. Dans une petite ville non loin du désert plat australien, dans lequel un individu peut conduire des jours sans rencontrer âme qui vive, le silence prend une autre dimension. Le contact humain et la parole deviennent vitaux, surtout dans le cocon familial.
Les personnages, désignés par le seul initial de leur fonction (l’Homme H, la Femme F et l’Ado A) monologuent: chacun dans sa colonne de texte, chacun dans son espace, dans sa réalité. Si les paroles se font écho, les personnages ne s’entendent pas. Si leurs répliques semblent se répondre, ils ne se parlent pas. Et même quand l’un des personnages appelle, interpelle ou attaque, ses paroles résonnent dans le vide.
Chaque membre de cette famille est limité dans son expression, que ce soit du fait de l’émotion, du doute, d’un manque de vocabulaire. Ainsi, ce qui est tu est aussi important que ce qui est dit. Les interruptions et ces heurts créent un rythme, le pouls du spectacle. Les personnages avancent, reculent, plus fortement, plus doucement, de manière cyclique, à l’image de la mer; la parole, au fur et à mesure se heurte contre ce mur de silence, elle emporte les protagonistes au fond de la tempête annoncée par le ciel rouge de l’aube.

une pièce de Tom Holloway
traduction et mise en scène de Aurore Kahan
Interprètes:
William Astre
Roxane Mettray
Corinne Valancogne
Lumière et régie: Johanna Boyer-Dilolo
Son: Phil Reptil
Scénographie: Joffrey Roux
Téléphone: 06.21.63.48.91
email: info@blasted.fr