meteor – cie luce – résidence du 2 au 15 septembre 2019

 

note d’intention
« Je puis vous dire, donc, que j’ai peur de la mort. Non pas de ce qu’on imagine de la mort, car cette peur même est imaginaire. Non pas de ma mort dont la date sera consignée dans les registres de l’état civil. Mais de cette mort que je subis à chaque instant, de la mort de cette voix, qui, du fond de
mon enfance, interroge « que suis-je ? (…) J’ai peur qu’un jour elle ne se taise à jamais ; ou qu’elle ne se réveille trop tard.» René Daumal, le Mont Analogue
Météor est une histoire. Je tiens aux histoires. Ce sont elles qui m’ont donné envie d’écrire et de faire du théâtre. Une histoire, c’est la porte d’un univers qui s’entrouvre. Plonger à l’intérieur, même de la plus terrible, c’est toujours retrouver une partie de son enfance au bout du chemin. Ainsi Météor a un début, un milieu, une fin, des personnages qui ont une évolution au cours du récit.
J’ai voulu travailler la langue afin qu’elle diffère d’un personnage à l’autre, que certains s’expriment dans un langage poétique et d’autres de façon plus triviale. Par ailleurs, certains termes sont propres à ce monde (le « Saisonnarium » où les personnages peuvent venir expérimenter les saisons),
quand d’autres ont disparu (le mot « solitude » n’existe plus là-bas ).
Il était important pour moi que l’univers puisse exister en tant que tel dès l’écriture, que les clés soient données, afin que le travail au plateau vienne donner corps mais non dessiner. Si le jeu est le ciment de l’histoire, les plans ont été préparés en amont.
A l’origine, des questionnements sur la réalité et l’identité :
Qui est cette chose étrange que moi nomme « je » ? En suis-je maître ?
Qu’est-ce que ce temps que nous nommons présent ? Qu’est-ce que ce passé que nous portons souvent aux nues et ce futur qui nous inspire autant d’espoirs que d’inquiétudes ?
Qu’est ce que ces ordres imaginaires que nous nommons «société », « ville », « ordre économique » et qui nous servent d’accroche sensorielle à la création de notre réalité ?
Qui est l’autre ? M’agresse-t-il ou est-il finalement le seul à pouvoir témoigner de mon humanité ?
A ces questions, s’ajoutent des peurs contemporaines :
Notre espèce touche-t-elle à sa fin ? L’humanité fêtera-t-elle le 22e siècle ?
A ces peurs, s’ajoutent des troubles générationnels : A toute époque la question « des jeunes » ne cesse de revenir. Nous tous avons été, sommes, ou serons « jeunes ». A vingt-neuf ans, je me situe à la frontière, je vais bientôt basculer dans l’autre clan.
Qu’est-ce que cette crainte et fascination de la jeunesse qui se perpétue avec tant d’acharnement d’une époque à l’autre ? Est-elle véritablement l’antidote de la mort ?
Je fais par ailleurs partie des enfants élevés dans la peur du sida et des MST, peur qui a évacué la légèreté du rapport au corps de la génération de nos parents. A cela, s’ajoute l’augmentation des cancers, et les angoisses qui en découlent. L’hypocondrie nous contrôle-telle ?
A ces troubles, s’ajoutent enfin des passions : Celle de l’art, de la poésie, du langage, de tout ce qui offre des clés à l’ouverture et au détournement de la réalité.
Et puis le désir. Le désir avant tout. Le désir simplement même : de l’autre, de la création, de l’instant de vie.
C’est ainsi que Météor vit le jour.

Julie JULIEN auteur/metteur en scène
Claire OLIER comédienne
Alice BERGER comédienne
Antoine Sarrazin comédien
Roxane ROUX comédienne
Raphael NAASZ comédien
Loîc MOBILHAN comédien
Juliette MINCHIN scénographe
Sébastien WOLF concepteur son
Marion DOSSIKIAN scénographe
Camille Ait Allouache costumière
Cédric Henneré créateur lumière
Antoine Pere z créateur vidéo