timeo – cie Farö Céleste – résidence du 18 juin au 1er juillet 2018

note d’intention
Tout ce qu’on ne dit pas : c’est le lendemain ou trois jours ou peu importe après la catastrophe et la peur a gagné.
On a élu un homme au pouvoir – ou alors il s’agit d’un coup d’état mais qui satisfait tout le monde.
Le moyen d’action, le programme de ce type étrangement sympathique c’est un suicide collectif national et a priori, tout le monde est d’accord. La date fatidique approche, il reste un mois.
Ce qu’on dit : pourquoi tout le monde est d’accord. Quel est le goût de la vie quand on la quitte.
Il y a Pierre (bras droit du nouveau chef d’état) qui vole les portables des gens et appelle tous leurs contacts pour leur annoncer qu’ils sont morts, qui
abandonne des sacs en lieux publics et fait exploser des pétards au milieu des foules. Il y a la frénésie des pilleurs de supermarché qui bouffent un maximum pour essayer de sentir quelque chose. Il y a une masse d’enfants et d’adolescents non satisfaits des explications sentimentalistes visant à les protéger de leurs aînés qui envahissent les locaux des journaux, éditions philosophiques, librairies etc. pour essayer de comprendre un maximum. Ce sont des guérilleros de la connaissance, ils sont conscients qu’il leur reste peu de temps pour grandir comme ils auraient dû le faire sur des décennies. Il y a ceux qui remettent en question leurs croyances et les autres qui au contraire s’y accrochent comme à un seul phare dans la tempête. Il y a un prêtre qui veut comprendre l’amour, une femme voilée qui cherche un sens à son corps, un enfant qui s’inquiète de mourir avec son ventre de bébé, un architecte des arbres à qui on demande d’architecturer le suicide, un bras droit qui se fond dans son supérieur pour ne surtout plus rien savoir ne plus rien sentir, un chef d’état qui veut faire la nique au temps en le prenant, son temps, alors que tous les autres éparpillent leur urgence comme ils peuvent à travers la seule chose qui leur reste, le langage.
Il ne s’agit pas d’une orgie pré-apocalyptique. Les gens sont calmes à travers leur recherche de nécessité, sûrs de la solution proposée.
Ce sont des gens comme vouset moi.

l’équipe
Eugénie Bernachon, auteure-metteuse en scène
avec :
Pauline Murris
Mathias Bentahar
Lucas Dardaine
Clément Barthelet
Maxime Atmani
Simon Peretti