virgin suicides – cie 5ème quart – résidence du 9 au 15 avril 2018

d’après Jeffrey Eugenides et Sofia Coppola
Mise en scène Katia Ferreira

NOTE D ’INTENTION
Cinq hommes reviennent sur le suicide de leurs voisines, les sœurs Lisbon, vingt-cinq ans après les faits, pour en résoudre enfin le mystère. Celui de ces jeunes adolescentes, figures fantasmées et fascinantes, et d’un destin funeste que personne n’a pu empêcher.
Virgin Suicides est une enquête impossible, aux confins de la mémoire, et qui démarre, là où tout tend à la clôturer pour tomber dans l’oubli. Là où, vingt ans après, il n’y aurait plus rien à voir, plus rien à dire. Là encore où la société, par le biais de l’appareil judiciaire et religieux, se confond dans un mutisme proche du tabou. Car si la religion condamne l’acte, la justice elle ne peut qu’en enterrer le sens, et le suicide emporte dans l’effroi de son énoncé, ses raisons et son secret. D’autant plus, quand ici, il semble « vierge » de toute motivation, de tout motif, « vierge » de toute expérience, ouvrant sur le mal à vivre encore irreprésentable de l’adolescence, période du développement humain qui à l’époque vient à peine d’être conceptualisée par la science, et dont la durée n’en finit pas de s’allonger à l’heure de nos générations. Là, donc où l’on devrait prévenir la portée endémique d’un tel acte par le silence, commence la réouverture de la parole afin de recomposer le souvenir de ces figures spectrales et fantasmatiques qui hante les narrateurs. Dans l’espoir qu’un écho de sens puisse honorer ce qu’aucun signe ne laissait prévoir. Pour enfin faire parler ces jeunes filles et leur faire dire ce qu’elles cachaient aux regards de ces adolescents trop curieux : un appel aux secours qui répondraient finalement à un autre appel, celui de l’amour, qu’éprouvent ces jeunes hommes pour les sœurs Lisbon.
De ce récit à la fois dérisoire et mythique découle un ensemble de variations tour à tour oniriques, romantiques, mélancoliques, comiques, terrifiantes, pour décrire l’innocence déchue et les espoirs irrésolus d’une jeunesse américaine, désespérément en quête de sens. Une jeunesse qui, à l’époque de la narration, sort mutilée des entreprises guerrières du Vietnam, et qui entame une mue violente pour se libérer d’un folklore idéalisant un rêve américain devenu publicité. Une jeunesse « malade » d’ennui, « malade » d’avenir et caractérisée comme telle par la rhétorique puritaine, quand elle se livre à ses révoltes et ses excès. Une jeunesse en proie à tous les maux et à toutes les mutations et qui finira par se confondre avec le destin de l’Amérique elle-même.
Des maladies venues d’Europe qui touchent les arbres de la banlieue et que l’on est obligé de couper, aux nuées de moucherons infestant les jardins et les maisons, les métaphores du fléau abonde dans l’écriture de ce récit, comme autant d’effet prémonitoire entourant le drame des sœurs Lisbon. Autant de signes annonçant le déclin critique du royaume industriel de l’automobile, cœur du rêve américain, où se déroule l’histoire. C’est dans cet éden pavillonnaire
pourrissant que la cadette des soeurs Lisbon, Cécilia, se donnera la mort en premier de façon spectaculaire, libérant pour ainsi dire le virus qui contaminera par la suite ses soeurs.
Katia Ferreira

L’ E Q U I P E
Mise en Scène : Katia Ferreira
Collaboration Artistique et Dramaturgie : Charly Breton
Régie Générale et Création Lumière : Jason Razoux et Guillaume Allory
Avec :
Evelyne Didi
Dag Jeanneret
Frédérique Dufour
Laureline Le Bris-Cep
Lou Martin-Fernet
Audrey Monpied
Elsa Agnès
Laurie Barthélémy
Florent Dupuis
Mathias Labelle
Valentin Rolland
Sylvère Santin
Vincent Steinebach
Christophe Gaultier
Thibault Lamy
Coline Dervieux

Le projet est soutenu par Cyril Teste et le Collectif MxM
Coproduction Le 5ème quart, Collectif -la carte blanche-, Le Printemps des comédiens, et L’ENSAD de Montpellier