la vie est courbe – le diptyque collectif – résidence du 26 juin au 9 juillet 2017

Deux femmes (ou bien n’y en a-t-il qu’une seule ?) sont dans une salle de bains. Elles se lavent, réfléchissent, rêvent, jouent, se perdent dans leurs pensées.
Dans ce monologue, que nous avons choisi de transformer en « monologue à deux », Jacques Rebotier aborde les thèmes de la solitude, du temps qui passe et de
l’identité, tandis que la pensée du (ou des) personnage(s) dérive au fil de l’eau.

Cette création part d’une véritable envie de créer à deux, de jouer à deux, d’inventer à deux, de penser à deux. D’entrer dans un univers où sons et sens se mélangent. Où le texte de théâtre devient une partition. En mettant la choralité au service de La Vie est courbe, en parlant cette pensée à deux voix, le sens à donner à cette pièce nous est apparu de manière évidente. En ajoutant une deuxième voix à ce monologue nous voulons poser la question de l’identité et du genre : y a-t-il un ou deux personnages ? Se parle-t-il à lui-même ? S’agit-il d’homme(s), de femme(s) ?
« Sur scène, une baignoire, en état de fonctionner.
Dedans, un homme, pratiquement dans le même état.
Il est en costume zéro pièce, à ce qu’on suppose ».
(première didascalie de La Vie est courbe.)
L’intimité d’une salle de bains. Quoi de plus à même pour parler d’identité ? Dans l’imaginaire commun, c’est un lieu réconfortant, agréable, où nous sommes libres d’être nous même, sans le regard des autres. Ces moments où l’on se découvre, où l’on se parle, où l’on chante, où l’on se retrouve et où l’on se regarde, à travers le miroir. Mais la salle de bains représente aussi un lieu de danger et de mort, de Marat à Claude François en passant par Psychose. Nous voulons donner à voir une œuvre introspective, laissant le spectateur face à ses angoisses, ses jardins secrets, ses petites névroses, ses souvenirs d’enfance, sa sexualité, enfin tout ce qui existe en nous et qui peut se libérer dans cet espace qu’est la salle de bains. Jacques Rebotier lui-même dans la préface de La
Vie est courbe, décrit cette pièce comme un « monologue polyphonique ». Alors nous avons décidé de porter ce monologue ensemble – pour voir.

par Anna Agostini
et Tessa Bazin