Petits effondrements du monde libre – Cie l’instant dissonant – Résidence du 22 mai au 04 juin 2017 – dîner spectacle le 2 juin à 19h30

L’INSTANT DISSONANT
Tentative de définition
Le théâtre n’est pas au service de la lutte politique. Il est une lutte en soi. De même qu’il serait scandaleux que la révolution soit au service du seul théâtre, il est scandaleux que le théâtre soit au service de la seule révolution. La lutte politique et la lutte artistique sont deux domaines de la vie qui dialoguent, s’inspirent, sans jamais se confondre, pour la simple et bonne raison qu’ils n’ont pas les mêmes finalités. La lutte politique a pour visée principale l’action, la prise ou la dispersion du pouvoir, en un mot, la révolution. La lutte artistique a pour visée le travail des imaginaires, la fabrication ou la friction de petits ou grands récits. Ces récits s’affrontent sur le terrain de nos imaginaires. Et nos imaginaires façonnent en partie nos actions. Nous appelons instant dissonant tout espace-temps où un récit surprend ou trouble notre rapport aux réalités, rapport inculqué par un ordre dominant et majoritaire. L’instant dissonant fait le pari d’un désordre des imaginaires. C’est d’une place minoritaire et indépendante qu’il puise sa force.

PETITS EFFONDREMENTS DU MONDE LIBRE
Notes d’intentions
Un aperçu de la soirée. La troupe de l’instant dissonant accueille les spectateurs dans sa salle de banquet improvisée. De grandes tables sont dressées, l’odeur de notre cuisine improvisée emplit la pièce. La troupe et les spectateurs s’installent, s’assoient les uns à côté des autres, font connaissance, entament le pain, se servent à boire. Les conversations s’amorcent. Les premiers récits s’égrènent : avez-vous observé la multiplication de ces hommes et femmes silencieux ? Ces personnes qui, par leur mutisme, mettent sens dessus dessous leurs entourages ? C’est ce que nous cherchons, nous autres de l’instant dissonant, ces personnes qui font un pas de côté en dehors des sentiers battus. Comme l’histoire de cette personne qui un jour etc… De part et d’autre de la table, le banquet enquête et écoute ces récits inquiétants. Puis, vient le moment, entre la poire et le fromage où le récit devient collectif. La troupe raconte et incarne ces personnages les plus troublants et leurs entourages bouleversés. Et ces figures solitaires sont de plus en plus nombreuses. Et le chahut de leurs silences sont de plus en plus grands. Et vient le moment où la fatigue nous prend. Le spectacle n’a pas vraiment commencé, il n’a pas vraiment fini, mais sur ces récits troublants, nous nous disons « au revoir).

Guillaume Lambert, auteur-metteur en scène.